L'hiver desserre difficilement sa froide étreinte, la neige recouvre encore les champs et les forêts.
Malgré les rayons d'un soleil qui peine à réchauffer, les étangs et les rivières sont figés par la glace.
L'énergie du renouveau bouillonne dans les profondeurs, dans l'arbre qui attend d'épanouir sa frondaison, dans les graines en dormance prêtes à germer, dans l'oiseau qui s'affaire préparant sa période nuptiale...
Le printemps attend son heure, il ne tardera pas à venir !
Chouette alors !!!
Mêlant des zones boisées et des milieux ouverts, un parcours de golf est un site idéal pour la Chouette Hulotte (Strix aluco). Ce rapace nocturne est un prédateur redoutable car son vol silencieux lui permet de capturer des petites proies (rongeurs, petits oiseaux, invertébrés et amphibiens) en bénéficiant de l'effet de surprise. En effet, les barbillons situés sur le rebord de ses plumes permettent d'éviter les frottements.
Son hululement musical est caractéristique, il est à l'origine de son ancien nom : « le Chat-huant ». On peut identifier facilement le mâle de la femelle grâce à son chant !
La Chouette Hulotte niche souvent dans un arbre creux, et elle y pond de 2 à 5 œufs entre Février et Avril.
Espérons que le froid ne la perturbera pas trop!!!
Félicitations Blaireau !!!
Sur les pentes boisées qui bordent le fairway du trou N°4, blottis au chaud dans son terrier, Madame Blaireau attend un heureux événement... !!!
En effet, les accouplements du Blaireau (Meles meles) ont lieu en Janvier-Février.
Les ovules fécondés restent bloqués 10 mois, et ne commencent leur développement qu'en décembre de l'année suivante. Ce phénomène est appelé « la diapause embryonnaire ».
C'est donc en février que la femelle met bas de 2 à 4 jeunes au fond d'un vaste terrier bien aménagé, sur une litière de feuilles mortes et d'herbes sèches.
Ce terrier peut comporter plusieurs étages et abriter plusieurs familles. On y distingue souvent de nombreuses entrées, des déblais spectaculaires et plusieurs chambres.
L'hymne territorial
En passant d'un trou à un autre, prenez le temps de regarder par-dessus votre épaule !
Malgré sa minuscule taille, le Rouge-gorge ( Erithacus rubecula) est un survivant et un farouche guerrier ! Résistant bien au rigueur de la saison froide, cet insectivore adapte son alimentation (baies, graines, petits mollusques, et parfois même quelques alevins).
Ce qu'il ne supporte pas, c'est qu'un rival empiète sur son territoire ! Et lorsque c'est le cas, le bec levé, il exhibe sa gorge orange vif.
Cascades de notes aiguës sifflées ou susurrées, ce maître de chant s'en donne à cœur joie. Son chant clair est très musical et sonore pour un si petit passereau.
L'hymne du Rouge-gorge est une proclamation d'indépendance sur ses terres. Toute tentative d'invasion est repoussée, strophes à tue-tête et plastron bombé, et, s'il le faut, l'intrus est poursuivi jusqu'au duel !
Jérôme Magnet
Paru le 19 février 2012
Faisans vénérés
sur le Trou n°5 et le Trou n°13
photos Jean-Luc Safin
paru le 19 février 2012
FEVRIER
Voici une petite vue de notre trou fétiche, le trou numéro 7 perdu dans son écrin blanc. Difficile de jouer au golf en ce moment à moins de frapper dans des boules de neige. Les balles classiques restent bien au chaud au fond de leur sac. Alors pourquoi ne pas chausser les raquettes et s'offrir une jolie randonnée pédestre? En effet c'est excellent pour la santé et c'est aussi l'occasion de découvrir l'ensemble des animaux qui n'hésitent pas à s'aventurer sur le parcours ...
Julien Oury
Paru le 9 février 2012
JANVIER
Le soleil brille d'une lumière tamisée par un léger voile nuageux,
Le froid mordant s'attaque aux parties du corps non couvertes,
L'immobilité apparente de la nature donne un sentiment de sérénité,
Troublée par les chants des Merles noirs qui s’ébattent,
Essayant chacun de garder un semblant de territoire,
L'hiver s'est installé, déployant son manteau givré et ses brumes matinales.
D'un sommeil de plomb !!!
En Janvier, les animaux hibernants sont paisiblement endormis, au chaud dans leur gîte d'hiver.
Imaginez-les, en vous promenant sur le parcours.
Le Hérisson sous un gros tas de branches et de feuilles mortes,
Le Loir et le Lérot blottis dans leur nid au cœur d'un arbre creux,
La Salamandre enterrée sous une vieille souche d'arbre, …
La danse du Renard
Peut-être qu'au détour d'un bosquet vous aurez la chance de voir un renard roux, se promenant à la recherche de nourriture ou comme il est coutume à cette période, à la recherche d'une partenaire.
Mais c'est surtout la nuit que tout cela se joue... !
Le mâle peut parcourir parfois plus de 6 km à la recherche d'une femelle, qu'il trouve grâce à ses hurlements prolongés et lugubres ainsi qu'à ses marques olfactives laissées au sol.
Les mâles s'affrontent dans des ballets artistiques, mêlant la danse et le combat. Ils se placent tête-bêche en faisant le tourniquet et en poussant des cris(jappements, gloussements, glapissements, grognements, caquètements, gémissements...)
Ils peuvent aussi se dresser l'un contre l'autre, les pattes posées sur les épaules du rival avec les gueules ouvertes . Le rut se prolongera jusqu'à mi-février...
S'unir pour survivre !
Aux premières lueurs du jour, vers le trou numéro 8, une harde de chevreuils en robe hivernale (pelage gris-brun) traverse le parcours pour rejoindre la forêt.
En hiver, les groupes familiaux composés de femelles (les chevrettes), de leurs petits de l'année (les faons) peuvent être rejoints par des mâles (des brocards).
Ces derniers sont moins territorialistes à cette période que pendant le reste de l'année.
De plus, leurs bois repoussent et sont recouverts d'un doux velours qui tombera vers Mars-Avril laissant apparaître une magnifique ramure ornée de 3 andouillers (au maximum).
Un amour de Sanglier
Le mois de janvier marque également la fin d'un événement important dans la vie des sangliers: le rut.
Les mâles solitaires et les compagnies de femelles de tous âges avec leurs marcassins, se rassemblent, comme pour célébrer une fête traditionnelle antique du type de celles qui avaient lieu au temps de nos ancêtres les gaulois. A cette époque mystique et glorieuse, le noble sanglier symbolisait la caste guerrière, de par sa puissance et son ardeur au combat.
Les groupes de jeunes mâles sont longtemps exclus de la reproduction par les mâles dominants, mais ils restent à proximité au cas où... Après l'accouplement, les laies sont en gestation pendant 3 mois, 3 semaines et 3 jours soit 115 jours.